⚠️ Pourtant, ces dispositifs :
- sont implantés durablement dans la zone uro-génitale,
- peuvent provoquer des douleurs chroniques, infections, érosions, voire des handicaps irréversibles.
⚖️ Nouveau règlement européen (MDR)
Depuis 2021, un nouveau règlement européen (UE 2017/745) impose le reclassement de ces implants en classe III, le niveau de risque le plus élevé, au même titre que les prothèses cardiaques ou neurologiques. Ce reclassement exige : • des études cliniques plus rigoureuses, • un suivi renforcé après la mise sur le marché, • une évaluation stricte par des organismes indépendants.
⏳Une période de transition… jusqu’en 2027
Malgré ce changement, une période de transition est accordée aux fabricants jusqu’au 31 décembre 2027.
Résultat :
Aujourd’hui, certaines bandelettes sont encore commercialisées sous l’ancien classement (IIb), tandis que d’autres commencent à être reclassées en III.
🧾 Exemple de situation réglementaire transitoire
Un fabricant peut aujourd’hui commercialiser :
- une bandelette ancienne génération (classe IIb, validée sous la directive 93/42)
- et simultanément une nouvelle version reclassée III, validée sous le règlement MDR
⚠️Un contrôle moins strict pour les bandelettes de classe IIb
Aujourd’hui encore, certaines bandelettes périnéales sont commercialisées sous l’ancien cadre réglementaire (directive 93/42/CEE), en classe IIb.
👉Cette classe implique un niveau de contrôle moins strict que la classe III.
Concrètement :
- Moins d’exigences cliniques avant la mise sur le marché
- Pas d’obligation systématique d’études cliniques sur le long terme
- Moins de transparence sur les effets secondaires
- Moins de surveillance post-commercialisation
🛑 Un paradoxe inquiétant
👉Des dispositifs destinés à être implantés à vie, dans une zone intime, et susceptibles d’entraîner des complications graves, continuent d’être commercialisés sous un régime d’exigences réglementaires plus souples que celui applicable à certains dispositifs non implantables, tels que des préservatifs ou des gels.
C’est pourquoi le règlement européen MDR impose désormais un reclassement en classe III, avec des exigences renforcées.
Mais tant que la transition n’est pas achevée (fin 2027), ce délai pour la mise en conformité expose encore les femmes à des implants insuffisamment contrôlés.
*Voici la source officielle mentionnant la période de transition jusqu’au 31 décembre 2027, accordée aux fabricants pour mettre en conformité les bandelettes sous-urétrales (MESH) avec le nouveau règlement européen :
« Il est à noter que la date d’application de ce règlement européen est le 26 mai 2021 mais qu’une période de transition a été prévue permettant aux fabricants concernés de disposer d’un délai fixé au 31 décembre 2027 pour démontrer la conformité de leurs dispositifs à cette nouvelle réglementation. Il est donc possible de trouver sur le marché des dispositifs de classe IIb (conforme à l’ancienne réglementation) et des dispositifs de classe III conformes à la nouvelle réglementation. »
📚 Sources officielles
- Mediapart – Mesh : le scandale des implants pelviens, janvier 2024
https://static.mediapart.fr/files/2024/01/04/mediapart-mesh.pdf
- Haute Autorité de Santé (HAS) – Auditions des parties prenantes sur l’incontinence urinaire féminine d’effort, novembre 2024
https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2025-03/auditions_parties_prenantes_incontinence_urinaire_feminine_deffort_transcription_du_19_novembre_2024_2025-03-24_12-08-44_825.pdf
Cette transcription des débats de la HAS (novembre 2024) précise clairement que, malgré le passage prévu en classe III à haut risque, les bandelettes restent temporairement en classe IIb jusqu’à fin 2027.
🔶Ce délai de mise en conformité continue d’exposer les patientes à des risques majeurs.
Face à cette situation, l’Association Balance Ta Bandelette agit pour :
- L’application immédiate de la nouvelle classification des dispositifs médicaux implantables, avec la reconnaissance sans délai de leur haut niveau de risque et la mise en place d’un suivi renforcé et structuré des femmes implantées ;
- Une transparence totale de la part des sociétés savantes et des laboratoires, notamment sur :
– les risques connus et potentiels à court, moyen et long terme,
– la nature précise des dispositifs utilisés (type de bandelette, matériau, voie de pose),
– les données de complications, aujourd’hui insuffisamment accessibles ;
- La communication systématique des notices d’utilisation aux patientes, avant toute implantation, dans un langage clair et compréhensible, afin de garantir une information complète et loyale, condition indispensable à un consentement libre et éclairé ;
- La sensibilisation des soignant·es à la reconnaissance des complications liées aux implants pelviens, y compris lorsqu’elles sont tardives, diffuses ou atypiques ;
⚖️ Les informations présentées s’inscrivent dans une démarche de santé publique, d’information et de sensibilisation, sans mise en cause individuelle.