Les bandelettes / implants

Il existe deux catégories de prothèses synthétiques actuellement utilisées en chirurgie.

Destinées au traitement de l’incontinence urinaire à l’effort et/ou à l’insuffisance sphinctérienne. Elles servent à soutenir l’urètre et à rétablir la continence en fournissant un appui mécanique sous l’urètre pour compenser une faiblesse des muscles ou des ligaments du plancher pelvien.

bandelettes

Destinés au traitement de la descente d’organe. Le chirurgien utilise une prothèse synthétique (bandelette) pour replacer les organes en position haute. Cette technique s’effectue le plus souvent par coelioscopie.

renfort pelvien
Renfort pelvien 2

La descente d’organe désigne la situation où un ou plusieurs organes internes (souvent les organes pelviens) glissent ou tombent de leur position normale vers l’extérieur ou dans une cavité adjacente, à cause d’un affaiblissement des structures de soutien (muscles, ligaments, fascia).

Localisations fréquentes :

  • Descente d’utérus (prolapsus utérin) : l’utérus descend dans le vagin.
  • Descente de la vessie (cystocèle) : la vessie fait saillie dans la paroi vaginale antérieure.
  • Descente du rectum (rectocèle) : le rectum fait saillie dans la paroi vaginale postérieure.
  • Prolapsus vaginal : lorsque le vagin lui-même descend ou s’affaisse.
descente d organe

Causes :

  • Accouchements difficiles ou multiples.
  • Constipation
  • Vieillissement et ménopause (diminution des hormones qui maintiennent la tonicité des tissus).
  • Obésité, efforts répétés (constipation chronique, port de charges lourdes).
  • Chirurgies pelviennes antérieures.
  • Symptômes : sensation de lourdeur ou de pression pelvienne, gêne urinaire, intestinale ou lors des rapports, douleur, voire apparition d’une masse visible ou palpable.

Il existe plusieurs types de promontofixation:

  • La promontofixation antérieure : fixation du vagin ou utérus au promontoire du sacrum (fixation vers l’avant, côté de la vessie), la bandelette est positionnée entre la paroi vaginale antérieure et la vessie. Elle corrige la cystocèle (descente de la vessie)
  • La promontofixation postérieure : fixation au même promontoire mais vers l’arrière (côté rectum). La bandelette est positionnée entre le vagin et le rectum. Souvent pour corriger un prolapsus postérieur descente du rectum (rectocèle) ou pour soutenir la partie haute du vagin/utérus.
  • La double promontofixation est une technique chirurgicale plus complète pour traiter un prolapsus génital complexe ou multiple qui associe à la fois une fixation antérieure vers la vessie et une fixation postérieure vers le rectum.

👉 Elle est présentée dans plusieurs sources médicales comme une technique fiable, avec des résultats favorables et un faible taux de récidive.

🔎 Aujourd’hui en France, les implants de renfort pelvien appelés promontofixation sont exclusivement posés par voie haute.

Sources :

Haute Autorité de Santé, ANSM (France)

https://www.has-sante.fr/jcms/p_3337359/fr/prolapsus-genital-de-la-femme-des-solutions-pour-le-traiter

CNGOF — Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français

Recommandations sur la prise en charge du prolapsus génital et l’incontinence urinaire

 https://cngof.fr

Autre dispositif utilisé dans le traitement de l’incontinence urinaire

Autre dispositif utilisé dans le traitement de l’incontinence urinaire

Agent de comblement synthétique injectable

Les agents de comblement injectables sont utilisés dans certaines formes d’incontinence urinaire d’effort. Ils sont injectés autour de l’urètre afin d’améliorer sa fermeture et de réduire les fuites urinaires.

Ces produits peuvent être constitués de matériaux synthétiques destinés à demeurer durablement dans les tissus ou de substances résorbables selon leur composition.

Exemple : hydrogel de polyacrylamide (Bulkamid®).

Il est constitué d’environ :

  • 97,5 % d’eau,
  • 2,5 % de polyacrylamide réticulé, un polymère synthétique.

Caractéristiques :

  • Injection réalisée par voie endoscopique.
  • Hydrogel de polyacrylamide non résorbable.
  • Le produit est destiné à demeurer durablement dans les tissus.
  • Une ou plusieurs injections peuvent être nécessaires.

Information importante :
Contrairement aux bandelettes sous-urétrales, cet implant n’est pas une bandelette synthétique. Cependant, il s’agit d’un produit non résorbable injecté dans l’organisme. Une information claire sur sa nature, ses bénéfices, ses limites et ses risques potentiels est essentielle avant toute décision thérapeutique.

👉 AFU Fiche Info Patient

🧬 Un peu d’histoire…

🔙 Avant l’ère des implants : la chirurgie sans prothèse (avant 1995)

Jusqu’aux années 1990, l’incontinence urinaire d’effort et les prolapsus étaient traités sans dispositifs synthétiques. Les chirurgiens utilisaient les tissus naturels de la patiente pour restaurer le soutien pelvien.

🔹 Colposuspension de Burch

Chirurgie de l’incontinence urinaire d’effort réalisée par voie abdominale (ouverte ou cœlioscopique).
Elle consiste à suturer les parois vaginales latérales aux ligaments de Cooper afin de soutenir l’urètre et le col vésical.
Objectif : restaurer le maintien de l’urètre lors des efforts. Aucune prothèse n’est utilisée.

🔹 Promontofixation abdominale sans filet

Chirurgie du prolapsus génital consistant à fixer le vagin ou l’utérus au promontoire sacré à l’aide de fils non résorbables, sans matériau synthétique.
Réalisée par laparotomie puis par cœlioscopie. Technique de référence avant l’introduction des implants de renfort.

Autres techniques utilisées (1970–1990) :

  • Hystérectomie avec réparation vaginale en cas de descente utérine
  • Sacrospinopexie (fixation au ligament sacro-épineux sans filet)

🧪 1995–1997 — L’arrivée des bandelettes en polypropylène

En 1995, Ulf Ulmsten développe la première bandelette sous-urétrale en polypropylène, diffusée en France dès 1997. Elle est alors présentée comme une solution standardisée, rapide et peu invasive de l’incontinence urinaire d’effort.

🔧 Trois techniques principales

  • TVT (Tension-free Vaginal Tape) : voie rétro-pubienne, développée par les professeurs Ulf Ulmsten et Peter Petros au milieu des années 1990.
  • TOT (Trans-Obturator Tape, Outside-in) : développée en 2000 par Emmanuel Delorme
  • TVT-O (Inside-out) : introduite en 2003 par Jean De Leval

Ces interventions sont réalisées à l’aide de kits de pose spécifiques, comprenant des instruments appelés ancillaires chirurgicaux, destinés à guider et positionner la bandelette à travers les différents plans des tissus pelviens.

Kit ancillaire

                                                                          Kit de pose « ancillaires utilisées pour les bandelettes sous urétrales »

🩺 Implants pelviens pour prolapsus : innovation puis remise en question

Dans les années 2000, des implants de renfort pelvien en polypropylène sont introduits pour traiter les prolapsus, avec l’argument d’une réparation plus durable et moins invasive.

⚠️Avec le temps, de nombreux signalements ont été rapportés par des patientes implantées, mentionnant notamment :

  • douleurs chroniques (mécaniques ou neuropathiques)
  • érosions vaginales ou organiques
  • infections récurrentes
  • troubles urinaires, sexuels ou digestifs
  • difficulté technique de retrait total des implants ancrés

🚫 Décision des autorités :  interdiction de la voie vaginale (2020)

Dans un contexte d’alertes en matériovigilance et d’évaluations internationales, les autorités sanitaires françaises ont décidé qu’à compter de février 2020,
la pose par voie vaginale de ces implants est interdite hors essais cliniques encadrés.
👉 Source officielle – Ministère de la Santé

Certains implants présentaient une structure en maillage avec des « bras » d’ancrage destinés à les fixer dans les tissus profonds. Cette configuration a été décrite comme rendant les interventions de retrait plus complexes lorsqu’elles s’avéraient nécessaires.

⚠️ Exemple : le cas du Prolift 

prolift

Le Prolift, implant vaginal commercialisé à partir de 2005, était destiné au traitement des prolapsus pelviens à l’aide d’une maille de renfort.
Au fil du temps, de nombreux signalements ont été rapportés concernant des douleurs, des érosions, des infections et des troubles urinaires ou sexuels chez certaines patientes implantées.

➡️ Ce dispositif a été retiré du marché en 2012.
➡️ D’autres fabricants ont également cessé la commercialisation de certains implants, et les dispositifs encore autorisés ne figurent plus sur la liste « intra-GHS », ce qui signifie qu’ils ne sont plus pris en charge par l’Assurance Maladie dans les établissements publics, sauf dans le cadre d’études cliniques.

📣 En résumé

Les implants pelviens ont fait l’objet de signalements de complications parfois sévères dans plusieurs pays, rapports transmis aux autorités de santé et décrits dans la littérature scientifique.

L’information complète des patientes sur les risques, l’accès à des alternatives validées et des prises en charge adéquates sont considérés comme des enjeux essentiels, dans un contexte où la sécurité de ces dispositifs continue d’être débattue au regard des complications rapportées.

Pourquoi pose-t-on des bandelettes ou implants ?

Les bandelettes sous-urétrales et certains implants pelviens sont présentés comme des solutions efficaces et durables pour traiter l’incontinence urinaire d’effort et certains cas de descente d’organes (prolapsus), notamment lorsque les traitements conservateurs comme la rééducation périnéale ou l’usage de pessaires ne suffisent plus.
Ces techniques sont souvent mises en avant pour leur taux de succès immédiat élevé et leur caractère minimalement invasif.

Cependant, comme tout dispositif médical implantable, elles comportent des risques de complications qui peuvent survenir à court, moyen ou long terme.

💥 Des dispositifs parfois proposés trop tôt
Certains dispositifs ont été posés chez des femmes jeunes, parfois sans présentation complète d’alternatives moins invasives. Ce constat a été rapporté par plusieurs patientes et mentionné dans différents travaux et rapports institutionnels sur les dispositifs médicaux implantables.

Sources: Rapport du Sénat, mission d’information sur les dispositifs médicaux implantables et la matériovigilance (2019) ANSM – Rapport de vigilance 2021 sur les bandelettes sous-urétrales

⚠️ Une technique de pose délicate
Les bandelettes sous-urétrales et certains implants pelviens sont posés à l’aide d’aiguilles, crochets ou trocarts de guidage introduits à proximité de la vessie, de l’urètre et des nerfs pelviens.
Selon la technique employée (TOT, TVT,..), la pose est partiellement réalisée à l’aveugle, ce qui peut exposer à un risque de lésions internes.
De nombreux cas de complications ont été rapportés : douleurs pelviennes persistantes, troubles urinaires ou digestifs, atteintes nerveuses ou réactions de fibrose autour du dispositif.

Ces risques figurent dans les notices officielles des fabricants et sont reconnus par les autorités sanitaires (ANSM, HAS).

⚠️ Une balance bénéfice-risque contestée

L’Association Balance Ta Bandelette appelle à une réévaluation rigoureuse et indépendante de la balance bénéfice-risque de ces dispositifs, au regard des nombreux signalements de complications recueillis auprès des patientes.
Cette démarche vise à renforcer la transparence, la vigilance sanitaire et la sécurité des femmes concernées.

Sources : ANSM – Suivi des signalements de matériovigilance (2020-2023) Rapport du Parlement européen sur la mise en œuvre du Règlement (UE) 2017/745 relatif aux dispositifs médicaux (2022)

📊 Des complications sous-déclarées
Les effets indésirables constatés par les patientes et liés aux bandelettes, implants pelviens sont encore sous-déclarés auprès de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé), ce qui limite la connaissance réelle des risques encourus.

VOIR : Comment déclarer la dangerosité de votre bandelette ?

https://signalement.social-sante.gouv.fr/espace-declaration/profil

+ TUTORIEL ACCESSIBLE ESPACE ADHERENT

⏳ Une reconnaissance souvent tardive
De nombreuses femmes témoignent d’une errance médicale prolongée avant qu’un lien ne soit établi entre leurs douleurs chroniques et la présence d’un implant.
Le manque d’écoute, la sous-information et l’absence d’examens adaptés retardent souvent la reconnaissance des effets indésirables.
Il peut s’écouler plusieurs années avant que les douleurs persistantes soient attribuées à la pose du dispositif, entraînant des séquelles physiques, psychologiques et sociales parfois lourdes.

Sources : Rapport du Sénat – Mission d’information sur les dispositifs médicaux implantables (2019) HAS – Recommandations de bonnes pratiques sur la prise en charge des complications des implants pelviens (2020)

⚠️ Les complications liées aux bandelettes et implants

Les complications liées à la pose de bandelettes sous-urétrales ou de renfort pelvien sont nombreuses, parfois sévères, et peuvent survenir des mois, voire des années après l’intervention.

🔬 Origines possibles des complications :

  • Malposition ou tension excessive de la bandelette
  • Inflammation chronique autour de l’implant
  • Migration de la bandelette dans les tissus voisins
  • Érosion à travers la paroi vaginale, urétrale , vésicale, parfois même érosion des viscères.
  • Rejet du corps étranger

Ces phénomènes sont décrits dans les rapports officiels de la Haute Autorité de Santé (HAS) et les fiches de vigilance de l’ANSM.

💢 Conséquences physiques :

  • Douleurs persistantes : vagin, bassin, dos, hanches, jambes, anus
  • Dyspareunie (rapports sexuels douloureux)
  • Infections urinaires récidivantes, pertes vaginales anormales
  • Sensation de brûlure, fourmillements, décharges électriques
  • Pesanteur pelvienne, troubles de la marche, impossibilité de s’asseoir
  • Troubles urinaires : envies fréquentes, vidange incomplète, rétention nécessitant un auto-sondage
  • Lésions de l’urètre, de la vessie ou des nerfs pelviens

Ces effets figurent dans les documents de matériovigilance publiés par l’ANSM et la HAS.

🧠 Conséquences sociales et psychologiques :

  • Errance médicale et absence de prise en charge adaptée
  • Incapacité à travailler, à élever ses enfants
  • Isolement social, perte d’autonomie
  • Apparition de syndrome dépressif, atteinte à la qualité de vie

👥 Femmes et hommes touchés : un scandale genré, mais pas uniquement..

  • La grande majorité des victimes sont des femmes. En France, environ 30 000 bandelettes sont posées chaque année chez les femmes, contre environ 800 chez les hommes.

Mais les hommes ne sont pas épargnés. Eux aussi peuvent développer de graves complications après la pose de bandelettes pour incontinence : douleurs chroniques, infections, troubles urinaires ou sexuels.
Le phénomène est moins connu, moins documenté, et souvent sous-estimé, ce qui rend l’accès à la reconnaissance et aux soins encore plus difficile pour ces patients.

🎗 Notre combat est inclusif : toute personne porteuse d’un implant peut être concernée.

Sources :

https://www.has-sante.fr/jcms/p_3427994/fr/incontinence-urinaire-et-prolapsus-genital-ameliorer-la-prise-en-charge-des-complications-de-la-chirurgie-prothetique

https://www.has-sante.fr/jcms/p_3235557/fr/complications-de-la-chirurgie-avec-prothese-de-l-incontinence-urinaire-d-effort-et-du-prolapsus-genital-de-la-femme

https://www.bostonscientific.com/en-US/medical-specialties/female-pelvic-medicine/risks.html

https://www.scielo.br/j/ibju/a/QY74dKZcBjLZKKMc6dJzSnc/?utm_

www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2025-02/swingband_sb3_sb4_28_janvier_2025_7667_avis.pdf

🔬 Le saviez-vous?

Le polypropylène : un plastique controversé utilisé dans de nombreux implants

« Environ 95 % des bandelettes sous-urétrales sont composées de polypropylène, un polymère plastique synthétique. »

Ce polymère plastique est également utilisé dans :
– les prothèses de hernie,
– certains filets pour endométriose,
– et même dans des implants mammaires comme ceux de la société PIP, à l’origine d’un scandale sanitaire mondial.

⚠️ Pourquoi ce matériau pose question ?

Bien que résistant, souple et peu coûteux, le polypropylène, une fois implanté dans un tissu vivant, peut présenter plusieurs inconvénients rapportés par la littérature médicale :

  • Réaction inflammatoire chronique pouvant favoriser des douleurs persistantes ou des phénomènes auto-immuns
  • Dégradation progressive du matériau (effilochage, durcissement, rétraction)
  • Érosions dans la vessie, le vagin ou le rectum
  • Adhérences sévères rendant le retrait chirurgical complexe, voire partiel ou impossible
  • Fragments résiduels laissés dans l’organisme après explantation.

📌 Une biocompatibilité remise en cause

Depuis les années 2010, plusieurs autorités sanitaires internationales ont reconsidéré la sécurité à long terme des implants en polypropylène :
– FDA (États-Unis) : restrictions et retraits progressifs des implants vaginaux pour prolapsus (2019),
– NICE (Royaume-Uni) : suspension de certaines interventions utilisant des filets vaginaux (2018),
– Parlement écossais : moratoire national dès 2014 sur les bandelettes et implants pelviens.

En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) et l’ANSM ont souligné le manque d’études de suivi à long terme sur la tolérance du polypropylène dans les tissus humains.

🔎 Ce que beaucoup de patientes ignorent

  • Ce plastique n’est pas biodégradable.
  • Il peut évoluer au fil du temps dans le corps, entraînant douleurs irréversibles, incontinence aggravée ou atteintes neurologiques.
  • Même les chirurgiens peuvent manquer d’informations précises sur la durabilité et la réaction tissulaire à long terme de ces implants.

📚 Références médicales et institutionnelles

– Progrès en Urologie (2005) : Recommandations pour le traitement chirurgical de l’incontinence urinaire d’effort féminine – https://www.em-consulte.com/article/249458/recommandations-pour-le-traitement-chirurgical-de-
– ANSM – Dispositifs médicaux implantables à visée pelvienne féminine : état des lieux et surveillance (2017)
– Haute Autorité de Santé (HAS) – Complications de la chirurgie prothétique de l’incontinence urinaire et du prolapsus (2018, 2020)
– FDA – Urogynecologic Surgical Mesh Implants: Safety Communication (2019)
– NICE – Interventional Procedures Guidance on Transvaginal Mesh (2018)
– Scottish Parliament – Transvaginal Mesh Implants Inquiry Report (2019)

pollution bandelettes

🦠 Témoignages de victimes – Infections à répétition après implant

Témoignages anonymisés à visée illustrative, rédigés à partir de situations réelles rapportées à l’Association Balance Ta Bandelette.

Les bandelettes sous-urétrales et les implants pelviens de renfort ont été conçus comme des implants permanents. Ils ne sont pas destinés à être retirés, et leur retrait est souvent complexe et à haut risque chirurgical. Cependant, en cas de complications graves (douleurs chroniques, infections, érosion, troubles urinaires sévères…), l’explantation peut s’avérer nécessaire pour soulager la patiente.

⚠️ Une chirurgie à haut risque

  • Le retrait d’un implant pelvien doit être pratiqué :
    – par un urologue ou un gynécologue expérimenté,
    – formé spécifiquement à ce type d’intervention,
    – et dans un centre hospitalier disposant d’une équipe pluridisciplinaire (radiologie, chirurgie reconstructrice, prise en charge de la douleur).
  • L’opération est délicate, car la bandelette ou le filet :
    – s’intègre progressivement aux tissus,
    – peut adhérer aux nerfs, cicatrices ou organes environnants,
    – et se fragmenter au moment du retrait.
  • Le retrait expose à des risques importants, notamment :
    – lésions de l’urètre, de la vessie ou du rectum,
    – douleurs persistantes ou aggravées après l’intervention,
    – récidive d’incontinence urinaire,
    – voire impossibilité de retrait complet du dispositif.

Certaines patientes doivent subir plusieurs interventions successives, parfois sans récupération fonctionnelle satisfaisante ni disparition totale de la douleur.

🏥 Centres spécialisés en France

Depuis le 25 avril 2025, le ministère de la Santé a annoncé la désignation de 27 centres hospitaliers dits “spécialisés” pour la prise en charge des patientes porteuses d’implants pelviens. Toutefois, l’Association Balance Ta Bandelette souligne que :

L’expertise en matière de retrait complet d’implants reste encore limitée en France, et qu’il est nécessaire de développer de véritables formations spécifiques et des équipes pluridisciplinaires expérimentées.

🗣 Témoignages de patientes

De nombreuses femmes témoignent :
– d’un parcours d’errance médicale,
– d’une absence de prise en charge adaptée,
– ou d’une orientation vers des centres anti-douleurs sans solution chirurgicale proposée.

Ces situations mettent en lumière le manque d’expertise nationale et la nécessité d’un parcours de soins structuré pour les victimes d’implants pelviens.

🌍 Expertise chirurgicale : une situation en évolution

Bien que plusieurs établissements aient été désignés pour la prise en charge des complications d’implants pelviens, il n’existe pas encore de données publiques ou indépendantes permettant d’évaluer le niveau réel d’expérience des chirurgiens en matière de retrait complet.

Certaines patientes, confrontées à des complications complexes, choisissent de solliciter un chirurgien à l’étranger, notamment aux États-Unis, disposant d’une expérience plus ancienne et documentée.

L’Association Balance Ta Bandelette reste attentive à la transparence et à la qualité de la prise en charge et demeure en attente de données fiables sur la formation, les résultats et les pratiques chirurgicales.
Elle ne recommande aucun chirurgien en particulier, en France ou à l’étranger, mais encourage chaque patiente à demander un second avis spécialisé avant toute décision opératoire.

🗒À savoir

Un document intitulé « Questions à poser à un chirurgien avant le retrait d’un implant pelvien » est disponible dans l’Espace Adhérents de l’Association Balance Ta Bandelette.  Lien vers l’espace adhérent.

Ce guide a pour objectif d’aider chaque patiente à mieux comprendre l’intervention proposée, à poser les bonnes questions et à favoriser un consentement éclairé avant toute décision médicale.

(Ce document n’a pas de valeur médicale ni juridique contraignante. Il vise à soutenir un dialogue informé entre la patiente et le professionnel de santé.)

 

📚 Sources officielles et institutionnelles

Autorités françaises :
– Haute Autorité de Santé (HAS) :
– Complications de la chirurgie prothétique de l’incontinence urinaire et du prolapsus génital (2020) –
https://www.has-sante.fr/jcms/p_3235557

– Incontinence urinaire et prolapsus génital : améliorer la prise en charge des complications de la chirurgie prothétique (2020) – https://www.has-sante.fr/jcms/p_3427994
– ANSM – Dispositifs médicaux implantables à visée pelvienne féminine : état des lieux et surveillance (2017) –
https://ansm.sante.fr
– Ministère de la Santé – Communiqué du 25 avril 2025 : Désignation des 27 centres référents pour la prise en charge des complications d’implants pelviens –
https://sante.gouv.fr

Publications scientifiques :
– Progrès en Urologie, vol. 15 (2005) : Recommandations pour le traitement chirurgical de l’incontinence urinaire d’effort féminine –
https://www.em-consulte.com/article/249458/recommandations-pour-le-traitement-chirurgical-de-

– FDA – Urogynecologic Surgical Mesh Implants: Safety Communication (2019) – https://www.fda.gov/medical-devices/implants-and-prosthetics/urogynecologic-surgical-mesh-implants
– NICE – Interventional Procedures Guidance on Transvaginal Mesh (2018) –
https://www.nice.org.uk/guidance/ipg599

– Scottish Parliament – Transvaginal Mesh Implants Inquiry Report (2019) – https://www.parliament.scot/parliamentarybusiness/CurrentCommittees/108090.aspx

🔎 Définitions

  • Prolapsus : Aussi appelé « descente d’organes », il survient lorsque les organes pelviens (utérus, vessie, rectum) ne sont plus correctement soutenus par le plancher pelvien et s’effondrent partiellement ou totalement dans le vagin ou le rectum.
  • Incontinence urinaire : Perte involontaire d’urine, qui peut se produire à l’effort, par urgenturie ou être mixte. Elle peut être isolée ou associée à un prolapsus.

📊 Prévalence :

  • 30 à 50 des femmes sont concernées par un prolapsus au cours de leur vie.
  • 54 % des femmes de plus de 65 ans souffrent d’incontinence urinaire.

⚠️ Ces pathologies ne sont pas dangereuses pour la santé, mais peuvent fortement altérer la qualité de vie.

🧬 Causes principales

  • Vieillissement, ménopause
  • Constipation
  • Accouchements difficiles
  • Chirurgies pelviennes
  • Station debout prolongée, port de charges lourdes
  • Facteurs génétiques, obésité

 Chronologie de la controverse

  • 2007 : HAS alerte sur l’insuffisance des études cliniques
  • 2008 : FDA émet une alerte après 1 000 signalements
  • 2011 : la FDA reconnaît des risques supérieurs à d’autres techniques
  • 2013 : retrait du Prolift en France
  • 2016 : FDA reclasse ces implants en « classe 3 » (haute dangerosité)
  • 2018–2019 : Moratoires successifs au Royaume-Uni, Irlande, Australie
  • 2019 : interdiction de commercialisation aux USA

📍 En France, ces dispositifs sont toujours posés, malgré les alertes.

Un scandale sanitaire mondial ? 

📍 États-Unis

  • Procès contre les fabricants pour défaut de sécurité
  • Reconnaissance de complications graves et irréversibles

📍 Royaume-Uni & Irlande

  • Recours collectifs contre les agences sanitaires

📍 Australie

  • Le laboratoire Johnson & Johnson reconnu coupable de négligence

📍 Canada

  • Class actions contre plusieurs fabricants

📚 Sources officielles & documents de référence + 🌍 Sources internationales (en anglais)

🔎 Sources officielles françaises pour retrouver les fiches INFO-PATIENTES  :

  1. Haute Autorité de Santé (HAS)
  • La HAS édite des fiches d’information à remettre aux patientes dans le cadre du consentement éclairé.
  • ➤ Accès : https://www.has-sante.fr

      ou

🔍 Tape dans la barre de recherche de ton moteur de recherche internet (ex. Google) :

  • « Fiche information bandelette incontinence urinaire HAS »
  • « Fiche information prothèse prolapsus HAS »
  1. ANSM – Agence nationale de sécurité du médicament
  • Des documents sur les dispositifs médicaux implantables y sont disponibles.

https://www.ansm.sante.fr

  1. Le CNGOF (Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français)
  • Il publie parfois des guides ou recommandations à destination des professionnels de santé, contenant des annexes patientes.

https://www.cngof.fr

  1. lAssociation Française d’Urologie (AFU) publie les fiches d’information destinées aux patient·es disponibles sur le site https://www.urofrance.org/

⚠️ Les informations présentées sur cette page ont un but purement informatif. Elles ne remplacent pas la consultation d’un professionnel de santé qualifié.

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