Les bandelettes sous-urétrales et les implants pelviens de renfort ont été conçus comme des implants permanents. Ils ne sont pas destinés à être retirés, et leur retrait est souvent complexe et à haut risque chirurgical. Cependant, en cas de complications graves (douleurs chroniques, infections, érosion, troubles urinaires sévères…), l’explantation peut s’avérer nécessaire pour soulager la patiente.
⚠️ Une chirurgie à haut risque
- Le retrait d’un implant pelvien doit être pratiqué :
– par un urologue ou un gynécologue expérimenté,
– formé spécifiquement à ce type d’intervention,
– et dans un centre hospitalier disposant d’une équipe pluridisciplinaire (radiologie, chirurgie reconstructrice, prise en charge de la douleur).
- L’opération est délicate, car la bandelette ou le filet :
– s’intègre progressivement aux tissus,
– peut adhérer aux nerfs, cicatrices ou organes environnants,
– et se fragmenter au moment du retrait.
- Le retrait expose à des risques importants, notamment :
– lésions de l’urètre, de la vessie ou du rectum,
– douleurs persistantes ou aggravées après l’intervention,
– récidive d’incontinence urinaire,
– voire impossibilité de retrait complet du dispositif.
Certaines patientes doivent subir plusieurs interventions successives, parfois sans récupération fonctionnelle satisfaisante ni disparition totale de la douleur.
🏥 Centres spécialisés en France
Depuis le 25 avril 2025, le ministère de la Santé a annoncé la désignation de 27 centres hospitaliers dits “spécialisés” pour la prise en charge des patientes porteuses d’implants pelviens. Toutefois, l’Association Balance Ta Bandelette souligne que :
L’expertise en matière de retrait complet d’implants reste encore limitée en France, et qu’il est nécessaire de développer de véritables formations spécifiques et des équipes pluridisciplinaires expérimentées.
🗣 Témoignages de patientes
De nombreuses femmes témoignent :
– d’un parcours d’errance médicale,
– d’une absence de prise en charge adaptée,
– ou d’une orientation vers des centres anti-douleurs sans solution chirurgicale proposée.
Ces situations mettent en lumière le manque d’expertise nationale et la nécessité d’un parcours de soins structuré pour les victimes d’implants pelviens.
🌍 Expertise chirurgicale : une situation en évolution
Bien que plusieurs établissements aient été désignés pour la prise en charge des complications d’implants pelviens, il n’existe pas encore de données publiques ou indépendantes permettant d’évaluer le niveau réel d’expérience des chirurgiens en matière de retrait complet.
Certaines patientes, confrontées à des complications complexes, choisissent de solliciter un chirurgien à l’étranger, notamment aux États-Unis, disposant d’une expérience plus ancienne et documentée.
L’Association Balance Ta Bandelette reste attentive à la transparence et à la qualité de la prise en charge et demeure en attente de données fiables sur la formation, les résultats et les pratiques chirurgicales.
Elle ne recommande aucun chirurgien en particulier, en France ou à l’étranger, mais encourage chaque patiente à demander un second avis spécialisé avant toute décision opératoire.
🗒À savoir
Un document intitulé « Questions à poser à un chirurgien avant le retrait d’un implant pelvien » est disponible dans l’Espace Adhérents de l’Association Balance Ta Bandelette. Lien vers l’espace adhérent.
Ce guide a pour objectif d’aider chaque patiente à mieux comprendre l’intervention proposée, à poser les bonnes questions et à favoriser un consentement éclairé avant toute décision médicale.
(Ce document n’a pas de valeur médicale ni juridique contraignante. Il vise à soutenir un dialogue informé entre la patiente et le professionnel de santé.)
📚 Sources officielles et institutionnelles
Autorités françaises :
– Haute Autorité de Santé (HAS) :
– Complications de la chirurgie prothétique de l’incontinence urinaire et du prolapsus génital (2020) – https://www.has-sante.fr/jcms/p_3235557
– Incontinence urinaire et prolapsus génital : améliorer la prise en charge des complications de la chirurgie prothétique (2020) – https://www.has-sante.fr/jcms/p_3427994
– ANSM – Dispositifs médicaux implantables à visée pelvienne féminine : état des lieux et surveillance (2017) – https://ansm.sante.fr
– Ministère de la Santé – Communiqué du 25 avril 2025 : Désignation des 27 centres référents pour la prise en charge des complications d’implants pelviens – https://sante.gouv.fr
Publications scientifiques :
– Progrès en Urologie, vol. 15 (2005) : Recommandations pour le traitement chirurgical de l’incontinence urinaire d’effort féminine – https://www.em-consulte.com/article/249458/recommandations-pour-le-traitement-chirurgical-de-
– FDA – Urogynecologic Surgical Mesh Implants: Safety Communication (2019) – https://www.fda.gov/medical-devices/implants-and-prosthetics/urogynecologic-surgical-mesh-implants
– NICE – Interventional Procedures Guidance on Transvaginal Mesh (2018) – https://www.nice.org.uk/guidance/ipg599
– Scottish Parliament – Transvaginal Mesh Implants Inquiry Report (2019) – https://www.parliament.scot/parliamentarybusiness/CurrentCommittees/108090.aspx